Le S.T.O.

Classes 1940-41-42
Classes 1940-41-42

Après la première permission
Après la première
permission

 

 

 

 

 

Noël c'est la fête de la famille
Noël c'est la fête
de la famille

Si tu veux gagner davantage
Si tu veux gagner
davantage

 

 




 

 

 

 


Un but
la paix

Compiègne

 Travail volontaire, Relève et STO (3/3)

Le S.T.O.

Quatre " Aktions Sauckel ", c'est-à-dire quatre plans de réquisition de main-d'oeuvre sont successivement mis en service. La première " Aktion Sauckel " est mise en place par la loi du 4 septembre 1942 sur l'orientation de la main-d'oeuvre. Elle prévoit le recensement de tous les hommes de 18 à 50 ans et des femmes de 21 à 35 ans, "pour effectuer tous travaux que le Gouvernement jugera utiles dans l'intérêt supérieur de la nation". En fait, elle est l'instrument indispensable à l'organisation des réquisitions : chaque travailleur est "trié" selon son âge, son statut familial et surtout ses compétences professionnelles. Le monde de la métallurgie et de la sidérurgie sont directement visés par ce premier plan.

En janvier 1943, Sauckel décide de la deuxième opération et réclame 500 000 travailleurs dont 250 000 destinés à l'Allemagne. Pour fournir cette main-d'oeuvre, le gouvernement français instaure par la loi du 16 février 1943 le Service Obligatoire du Travail (S.O.T.), modifié en Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) pour une abréviation prêtant moins à la plaisanterie. Basée sur le principe du service militaire, elle autorise la réquisition de trois classes d'âge : 1940, 1941, 1942 pour une durée de deux ans.

Le Secrétariat général de l'information adopte alors une politique de propagande fort discrète, conscient du caractère fortement impopulaire de ces lois. Pour témoin, la campagne de l'été 1943 incitant les ouvriers à retourner en Allemagne après leurs premières permissions. Les travailleurs mariés partis en octobre 1942 bénéficient d'une permission au bout de six mois de contrat. Beaucoup en profitent pour se cacher en France et ne pas repartir en Allemagne. A l'automne 1943, les réfractaires au S.T.O. sont si nombreux que les permissions sont suspendues. Elles reprennent finalement avec le système du cautionnement : le retour de l'ouvrier permissionnaire conditionne le congé d'un autre ouvrier resté sur place.

Ce sera bientôt ton tour !
Ne t'inquiète pas, tu as ma parole !
Merci d'être revenu !
Ce sera bientôt
ton tour !
Ne t'inquiète pas,
tu as ma parole !
Merci d'être revenu !

Les services français de propagande en appellent à l'action sociale et favorisent la création des associations départementales de travailleurs français en Allemagne. Ils multiplient les manifestations, loteries et concours, comme ils l'avaient fait pour les prisonniers. Le Secrétariat général de l'information essaie - tant bien que mal - de retendre les liens distendus et redonner un semblant d'existence aux mots " Travail, Famille, Patrie " pendant que les réquisitions battent leur plein et les réfractaires au S.T.O. sont de plus en plus nombreux.
Le succès de la deuxième " aktion " ne ralentit en rien les exigences allemandes. Soucieux de fournir toujours plus de bras à l'Allemagne, Pierre Laval négocie en avril 1943 la transformation de 250 000 prisonniers de guerre en travailleurs libres. En acceptant ce statut, le prisonnier de guerre perd la protection de la Convention de Genève. S'il travaille déjà pour l'Allemagne depuis 1940, il peut être par ce biais, requis dans les usines d'armement, ce qu'interdit la loi internationale.

Dès le mois de juin 1943, l'Allemagne réclame encore 220 000 hommes. Pierre Laval décide de réquisitionner toute la classe 42 sans exception " pour mettre un terme à l'arbitraire et l'injustice". Devant l 'échec de cette troisième " aktion ", le ministre de l'armement Albert Speer décide - contre l'avis de Sauckel- de privilégier la réquisition sur place, plutôt que l'expatriation. Les départs vers l'Allemagne sont suspendus jusqu'à la fin de l'année 43.

Une quatrième " aktion " est décidée en janvier 1944 sur la fourniture de 855 000 hommes, et pour arriver à ses fins, il est décidé d'étendre les classes de réquisitions à tous les hommes de 16 à 60 ans et les femmes sans enfants de 18 à 45 ans. Elle se solde néanmoins par un échec patent.

Si la propagande française reste presque muette sur toutes ces réquisitions, il n'en est pas de même du côté allemand. La Propagandastaeffel tente toujours de convaincre le quidam que le travail volontaire ou forcé ne peut être que profitable à eux et à leur famille. Les années 1943 et 1944 voit renaître une propagande largement utilisée pendant les années précédentes. Le chômage n'est plus à l'ordre du jour car maintenant la France manque de main-d'oeuvre. En revanche, le salaire avec l'aide à la famille restent des arguments valables.

Votre famille
sera heureuse
Finis les
mauvais jours

Au fur et à mesure que la victoire allemande devient incertaine, l'argumentaire évolue, laissant la place à l'idéologie, au combat politique plutôt qu'à l'intérêt personnel. Il s'agit maintenant de défendre un combat européen en faisant appel au patriotisme, où l'ouvrier est investi d'une mission : représenter la France en Allemagne, sous-tendue par une participation active à la collaboration franco-allemande contre le bolchevisme pour la paix.

Loin des tiens , mais pour eux
Ils travaillent en Allemagne
Ils donnent leur sang
Protège la France
Loin des tiens,
mais pour eux
Ils travaillent
en Allemagne
Ils donnent
leur sang
Protège
la France

Au total, environ 650 000 travailleurs requis sont partis en Allemagne. Environ 6 à 8% y sont morts, notamment sous les bombes alliées en 1944 et surtout 1945. D'autres ont péri accidentellement, de maladie ou encore victimes de la répression nazie dans les camps de rééducation au travail " Arbeitseriehungslager " où les travailleurs étaient envoyés pour désobéissance. Dès 1945, les victimes de la guerre, prisonniers, déportés et anciens S.T.O se regroupent pour défendre leurs intérêts. [Compiègne].

La fédération des déportés du Travail joue un rôle important dans la réinsertion sociale et professionnelle des S.T.O. Elle change de nom en 1979 pour prendre le nom de Fédération Nationale des Victimes des Camps Nazis du Travail forcé [http://www.requis-deportes-STO.com].